Vers Baetov

au Kirghizstan :

C’est tardivement dans la nuit qu’Eric revient avec sa roue réparée : impossible de trouver ailleurs que dans la capitale le fouet à chaîne nécessaire pour démonter les pignons afin de remplacer les rayons. Retour en taxi, après avoir tantôt payé le prix touriste, tantôt le prix normal.

Mais le père insiste, avec civilité, pour que nous lui achetions des services, repas, guide. Les revenus du tourisme lui semblent indispensables. Des prix peu élevés pour nous, des revenus importants pour lui : mais comment ne pas négocier, avec lui comme avec les autres ? La face est sauvée en invitant le chauffeur de taxi et un ami, arrivé là à cheval !

Le lendemain, nous repartons. Après quelques kilomètres, nous traversons de nouveau la Route de la soie.

Attention ! Ne pas se faire écraser par les camions qui viennent de droite et de gauche !

Nous allons maintenant franchir le premier col d’altitude, à 3450 m.

La piste est rectiligne, sans concession aucune aux accidents de terrain. La pente de la piste est la pente du terrain. Deux ornières creusées par les roues des véhicules, le fond parsemé de cailloux, laissent une place à un terre-plein central large de 40 cm ; il faut tenir en équilibre sur ce terre-plein, en montée, sur un vélo dont les porte-bagages sont chargés de tente, nourriture, outils, réchaud, etc.

C’est beau, mais seulement quand on s’arrête : le nez quitte le guidon et on regarde devant, à côté, par derrière !

Le terrain devient de plus en plus difficile et l’altitude ne nous aide pas. Il n’y a personne pour constater que les derniers 100 mètres sont faits en poussant le vélo.

Nous passons le col.

Enfin, nous pouvons descendre, en roue libre, vers un plateau inondé d’une lumière dorée. Descente faite en compétition avec un Kirghize à cheval. Serrer les freins nous fait horriblement mal aux mains et nous sommes obligés de nous arrêter pour soulager nos doigts engourdis. La fierté du cavalier est sauve !

Nous sommes dans une immense cuvette bordée de tout côté par des massifs ; une rivière coule au centre ; elle s’échappe vers le nord par un défilé que seuls peuvent emprunter les éléments naturels.

L’eau et le vent !

Hélas, donc : il faudra remonter de nouveaux cols et massifs pour s’échapper ! Ce sera pour demain. Nous plantons la tente aux abords d’une imposante falaise de pierres rouges. En arrière-plan, il y a une autre belle paroi : celle-ci est grise.


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