Pourquoi, mais pourquoi ?

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Pourquoi, mais pourquoi y sommes-nous allés ? Oui pourquoi ?

Eh bien, pourquoi pas !

Nous y sommes allés et nous en sommes revenus, nous tenons à le préciser, parce que l’idée d’aller en Albanie a eu tendance à susciter chez beaucoup de compatriotes une espèce de peur primale. Au point que, avant de partir, nous avions décidé de ne plus en parler autour de nous, trop d’angoisse était perceptible chez nos interlocuteurs.

La mauvaise réputation ?

Les Albanais ont ainsi une mauvaise réputation mais par chance pour eux, c’est juste une réputation. Autant dire rien ! Une réputation, ça se change, et le meilleur moyen est comme toujours, d’aller fréquenter de près ceux qui ont cette si mauvaise image.

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Joueur de gadjé

Il y a quelques raisons à cet effroi, il faut le reconnaître.

Des raisons historiques, essentiellement, mais tellement historiques qu’aujourd’hui elles sont dépassées. L’Albanie a ainsi été forcée, pendant toute la seconde moitié du 20ème siècle, de vivre dans un isolement quasi-complet. Ce n’est que très récemment que ce pays s’est ouvert à l’extérieur.

L’Albanie a été comme cet homme, un joueur de gadjé (instrument traditionnel qui est une sorte de cornemuse), assis seul au milieu de la place principale de Tirana, une place dont les trottoirs et caniveaux sont loin d’être tous bien alignés. Elle a été isolée du monde.

Mais, cet homme s’est aussi prêté, avec gentillesse mais contre une petite rémunération, au jeu un peu idiot de la photo-souvenir pour les touristes que nous avons été.

Après cette longue période d’isolement, s’est installée une démocratie et le pays s’est ouvert sur l’extérieur. Fin 2006, l’Albanie envisageait de signer un traité de stabilisation et de coopération avec l’Union européenne, l’étape préalable à l’intégration complète. Il faut dès à présent que les Français se préparent à imaginer l’Albanie comme un pays voisin, plus sympathique que, disons pour être acide, l’Angleterre ou les Pays-Bas, et où il y aura moins de francophobes.

Un pays magnifique

L’Albanie est un pays magnifique, aux paysages splendides. Le soleil y brille du printemps à l’automne. Le pays recèle des richesses archéologiques et culturelles étonnantes, remontant à plusieurs siècles avant notre ère.

On y trouvera des bords de mer, sur l’Adriatique et la mer Ionienne, qui feront mourir de jalousie ceux qui croient encore que les rivieras française, italienne, espagnole conservent un minimum d’authenticité (impression totalement improbable pour la France).

L’intérieur du pays est entièrement à découvrir pour les amateurs de randonnées, de paysages préservés, de dépaysement.

Les Albanais, parfois un peu distants au premier abord, se révèlent être des personnes accueillantes, amicales. L’infrastructure du tourisme est loin d’être installée, ce qui est, selon moi, une bonne raison pour y aller sans trop tarder (mais d’autres penseront peut-être que c’est une bonne raison pour retarder un voyage).

L’Albanie est à voir parce que c’est… l’Albanie, un pays qui est resté si lointain, si mystérieux, si isolé. Et pourtant, il est là, tout proche, à peine plus loin que l’Italie, un peu moins loin que la Grèce.

Du vélo en Albanie

Au-delà de toute question de réputation, en Albanie, nous avons fait du vélo. Il s’agissait donc de notre part d’une espèce de seconde faute car déjà, faire du vélo en France, c’est idiot et dangereux (et ça fatigue).

Alors, du vélo en Albanie !!!

Il n’y a pas d’information sur le vélo en Albanie. Sur le web, on trouve l’histoire d’un hollandais a traversé le pays en 2000, un groupe d’italiens semble avoir fait des choses. Plusieurs internautes à pseudo disent que c’est impossible, infaisable, trop dangereux, etc., mais ils n’y sont, très logiquement, pas allés, donc il ne faut pas les écouter.

Dans les guides touristiques imprimés comme le Bradt ou le Petit Futé, le vélo est une rubrique inconnue. Dans le Lonely Planet, on suggère fortement de ne pas faire de vélo en Albanie, en raison du niveau de compétence, qualifié d’abysmal (c’est-à-dire en-dessous de tout), dont font preuve les automobilistes locaux.

Faire du vélo en Albanie est pourtant possible et même recommandé (par nous deux).


Mis en ligne par Eric • Permalink

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