Mirbek et Amargull

au Kirghizstan :

Quelques kilomètres plus loin, sur le plat de la cuvette, une roue crève, en face d’une yourte. Un gars accourt ! Nous ne manquons pas d’acquiescer à la proposition d’hospitalité d’un jeune couple, Amargull et Mirbek : le soir tombe et nous sommes fatigués. Plus tard, nous prenons ensemble le dîner dehors sous la voûte étoilée.

Au réveil, nous n’avons pas envie de sortir de nos duvets, des gouttes de pluie crépitent sur la toile de la tente. Le temps n’a pas l’air de vouloir se lever. A vrai dire, nous sommes mieux ici que sous la pluie, en train de pédaler. Nous allons partager cette journée avec nos amis.

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Mirbek et Amargull

Le matin, Mirbek libère les moutons, chèvres et brebis de leur enclos qui les protège des loups durant la nuit.

Amargull allume le poêle, elle se sert de petit bois et pour entretenir le feu, elle enfourne des plaques de tourbe, un mélange de bouse et d’herbe séchée. Le combustible le plus vieux du monde est ici le seul moyen de faire du feu.

Premier repas de la journée, la table basse est recouverte de confitures, de galettes de blé, de beurre, de yogourt de brebis, de petits fromages séchés. Le dialogue commence, mais il y a plus de messages par le regard que par la parole. Amargull distribue les tasses de thé tant que l’on ne dira pas Toïdum, c’est fini ! A son signal, nous nous passons les mains sur le visage en disant Oomin, en signe de remerciement et avant de quitter la table.

Mirbek veut, à tout prix, aider Eric à réparer son vélo. Les changements de vitesse l’intéressent beaucoup.

Nous sommes invités à monter sur son cheval. Nous serons les piètres cavaliers d’un moment.

Eric et Mirbek partent ensemble jusqu’à une maison avoisinante : ils sont invités boire le thé, à goûter le yaourt et la confiture de cassis. Il y eut du sel versé à la place du sucre dans le yaourt : rigolade des enfants qui regardent avec intérêt cet étranger, bizarrement vêtu, incapable de communiquer autrement qu’avec des gestes de mains. Au retour, crevaison de nouveau puis réparations, commentées en plusieurs langues.

Pendant ce temps, je reste avec Amargull à la yourte où elle en profite pour confectionner des mantis (gros raviolis). Elle veut me faire plaisir: elle a vu que j’avais écrit sur mon dictionnaire anglais - kirghize, le mot manti.

Le temps s’égrène bien lentement pour les bergers : surveiller les troupeaux, traire les bêtes, préparer les repas, réparer une sangle usagée… La visite de voisins, toujours venus à cheval, annoncés par l’aboiement du chien, rompt cette monotonie.


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