Le jardin secret des Russes
L’invitation de Tatiana dans la datcha de famille d’une de ses amies me fait connaître le jardin secret des Russes : une petite maison au bord de l’eau, enfouie derrière les arbres fruitiers et les haies de baies sauvages, visitées par des écureuils furtifs.
Obligation est faite d’aller musarder dans le jardin et de goûter aux framboises, cassis, mûres… Le repas fut l’occasion pour mes hôtes, de m’interroger : pourquoi en France, une baisse de la croissance de quelques dixièmes est-elle autant commentée alors qu’au Kirghizstan, la récession est de l’ordre de plusieurs dizaines de points, chaque année ?
Les Français ont-ils toujours des yeux aussi foncés ? Quelle est la réputation des Russes en France ? Les considère-t-on toujours comme des mafieux ? A cet échange plus sérieux que je ne m’y attendais, je donnais les réponses que je pus, grâce à Tatiana, d’autant que j’étais plus attirée par la confiture de mûres confites, faite maison.
La veille de notre départ fut l’occasion de rencontrer Guy, notre facilitateur, contacté par mail de Paris. Rencontre autour du chachlik, un plat de brochettes de mouton. Personnage atypique, ingénieur, qui a décidé de s’installer au Kirghizstan, une fois saisi par la beauté des montagnes aperçues du tarmac de l’aéroport de Bichkek.
Au terme de la discussion, à défaut de tout savoir, nous avons su un peu de tout : les richesses minières du Kazakhstan voisin, en charbon, en minéraux, en terres rares ; rien de tel au Kirghizstan, peu de mines, juste un peu d’or.
La vraie richesse, c’est l’eau, un réservoir naturel alimenté par des montagnes qui atteignent 7000 m. Guy explique ses projets pour l’amélioration des industries agroalimentaires, au Kirghizstan et dans les pays voisins. Il nous explique que la Chine a acheté un droit d’exploitation économique sur toutes les frontières avec les anciennes républiques de l’Union soviétique ; elles paient ainsi leurs fonctionnaires. Il nous dit que le département d’études françaises de l’université de Bichkek est excellent, mais les étudiants peinent à trouver un travail.
Pour Guy, beaucoup reste à faire mais il est clair que l’avenir appartient au Kirghizstan.
Ce récit : Le jardin secret des Russes
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