Le col du Llogara

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"Ce col-ci, vous devrez le gravir à pied, en poussant les vélos.”

Nous avions été prévenus dès Tirana, au départ. Mais ce n’était pas cela qui allait nous arrêter.

Bien évidemment, mille mètres à pied, en poussant les vélos, ça compte. Mais c’est aussi pour faire la route de la côte que nous étions venus en Albanie. Dans une émission de France Culture, Kadaré, l’écrivain, s’était laissé aller à quelques dithyrambes sur cette région. La côte ionienne, belle, sauvage, préservée, un enchaînement de sites majestueux. La carte routière hongroise le laissait pressentir. Nous n’avons pas été déçus.

Pour prendre encore un peu plus de plaisir à ces vacances, nous sommes restés une journée entière à la plage, une plage de sable, bordée de rochers aux formes étranges, avec une eau claire, du soleil, seuls, personne ni à droite ni à gauche.

Monter

Donc, nous sommes partis le matin. En effet, nous avons poussé les vélos le long du premier raidillon, celui qui permet de rejoindre la route en corniche en partant du niveau de la mer. Après le raidillon, nous sommes montés sur les bécanes.

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Zig-zag pour le Llogara

Au loin, on voyait la montée au col.

On voit ce col depuis Saranda, tout au long de la côte. Il obstrue littéralement, lui et les sommets voisins à plus de 2000 mètres, le ruban côtier. On doit le voir de Corfou aussi, par temps clair, à cent cinquante kilomètres. Un zig-zag raye le flanc de la montagne. C’est la route.

Derniers virages avant le premier zig, que nous abordons. C’est très correct, comme on dit d’un restaurant dont on pourrait craindre un peu les prix, ou la qualité, et dont on sort rasséréné, et repu. C’est très correct, donc, et ça le restera jusqu’en haut. Il suffit d’appuyer sur les pédales, comme tout cycliste sait le faire, et cela monte, sur un ruban asphalté de bonne qualité, régulier, bien profilé, avec des épingles suffisammment élargies pour épargner aux véhicules les raidillons dans les intérieurs de virage.

C’est le meilleur col que nous ayons eu à gravir dans ce pays. Ce devait être un dragon, un monstre, une horreur. Il ne l’est que par la réputation, et le seul danger encouru furent quelques chiens de bergers qui laissaient un peu trop s’apesantir leurs regards sur nos mollets.

Nicole se plaindra de la facilité du trajet, elle dira monotonie. Nous nous arrêtons quand nous voulons, non par fatigue, mais pour regarder le paysage. Un balcon au-dessus de la grand bleue.

Un camion chargé de gravillons s’arrêta, en pleine route, peut-être pour refroidir ses freins. Il emportait des matériaux pour reconstruire la route, plus loin sur le côte, là où elle n’était qu’une composition malsonnante pour nids de poule et fondrières. Nous avons échangé en franco-italien nos impressions. De notre côté, nous avons décrit notre itinéraire. Et quand nous lui avons parlé de l’étape Gramsh - Korça, c’est de la piste, il dit : “mais à quoi ça sert que je construise des routes, si les cyclistes français préfèrent les pistes.”

Descendre

Après être gravi, le col du Llogara se descend. Ce sont des flancs nord, couverts de forêt. La route est belle, mais moins panoramique que vers le sud.

Le reste du trajet de la journée se déroule entre Orikum et Vlora, voir l’écran suivant La faucheuse.


Mis en ligne par Eric • Permalink

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