La piste des véhicules
Du camp des orpailleurs, perdu à distance de tout village et gardé par un seul homme, jusqu’au pied de la montagne de fer, exploitée au travers des âges mais aujourd’hui délaissée, la piste a absorbé tous les efforts de Dramé, le chauffeur.
Dans la vallée de la Falémé, entre Sénégal et Mali, les chauffeurs ne sont jamais au bout de leurs peines.
Une portion de piste en dur, caillouteuse, est un rêve. Il est possible d’y atteindre les 40 kilomètres à l’heure ! Mais gare à la rigole, à la marche, à la pierre mal vue. Le véhicule tremble alors quand, insuffisamment freiné, il arrive droit sur l’obstacle.
Il faut parfois pendant des kilomètres faufiler les roues entre des ornières, sur des pistes qui peuvent être en tranchée, enserrées entre deux murs où se succèdent terres rouges, ocres ou marrons et racines qui se tendent vers les portières.
Parfois, la piste se crée des béances, des bacs à poussière blanchâtre. Il faut là encore contourner au mieux les fonds, ne pas laisser toutes les roues dans l’obstacle, s’avancer doucement, s’extraire plus énergiquement.
A tout moment, un véhicule peut être en biais, nez en l’air, train arrière par-dessus tête, perché sur des bosses, enfoncé dans des creux. Il avance au pas, littéralement.
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