De Baetov à Koumys-City
Le lendemain, nous partons vers Baetov : une crevaison plus tard, nous y arrivons.
Il a fallu négocier durement pour trouver une voiture qui veuille nous amener à Sary-Bulak, pour une journée de transfert : les nuages menaçants rendaient ce choix raisonnable.
C’est un bon plan ! De l’autre côté du col, il fera beau et nous imaginerons alors pouvoir réaliser la seconde partie du trajet, le passage du Tossor, un col à 3693 m, puis la descente sur le lac Issyk-Kul.
Après une négociation pas trop bien maîtrisée de notre côté, avec un intermédiaire parlant anglais mais payé au pourcentage, au milieu d’une foule mouvante, nous trouvons la voiture pour nous amener à Sary-Bulak, vélos sur le toit.
Avant de partir, notre intermédiaire fête ce contrat inattendu, avec un groupe rapidement nombreux de leurs amis : pains kirghiz arrosé de vodka.
Nous nous inquiétons de l’état du chauffeur : heureusement, c’est celui qui ne boit pas ! On avance l’argent pour faire le plein… de la voiture, cette fois ! Il faut passer le Dolon, un col à 3038 m entre Kochkor et Naryn. On nous dit que l’hiver, les taxis refusent de s’y aventurer : risque d’avalanches. Alors, les passagers descendent, font quelques kilomètres à pied, passent le col et de l’autre côté, retrouvent un taxi. Ce doit être plutôt rude.
A chaque réparation du delco, au fil de la montée, ce fut l’occasion pour monsieur Bons Offices de s’en mettre une rasade, d’en proposer à tous, puis de mettre en exergue la qualité exceptionnelle de ce transport.
Au bord de la route, de vieilles paysannes vendent le lait de jument par bidon de 10 litres. Tous appellent ce tronçon de route Koumys-City.
Arrêt et campement dans une vallée bordée de falaises noires peu engageantes : l’intermédiaire demande en fin de course une nouvelle rallonge, qu’il n’a pas obtenue, puis repart avec le chauffeur. La tente est dressée un peu à l’écart de la route, la nuit tombe.
Il y a plus de passage que sur la route d’Orto-Syrt. Des camions, des voitures.
Horreur ! La tente a des bandes réfléchissantes, très efficaces dans le faisceau des phares, mais pas du tout bienvenues. C’est tout l’inverse d’une halte discrète. Une voiture s’arrête, les passagers descendent : des étudiants ! On parle et ils nous quittent avec des gestes de sympathie. Nous nous réfugions dans la tente, un peu inquiets. Quelques passages de camions plus tard, la nuit sera tranquille.
Ce récit : De Baetov à Koumys-City
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