Au coeur des terres Kirghizes
Nous décidons enfin d’aller dans une région peu visitée, le At-Bashy Range, pour faire de la montagne et par la suite, partir en vélo vers le nord. La recherche d’un taxi longue distance nous initie au marchandage.

Trajet d’approche
Les propositions pour les touristes sont vraiment très disparates : du prix supposé normal, mais qu’en savons-nous, au prix de l’ami américain, l’écart va de 1 à 4.
Descendre dans le sud impose de franchir de nombreux cols qui nous amènent à des vallées toujours plus hautes. Les paysages sont vastes, les terrains arides avec au loin des sommets enneigés.
Premier contact avec l’hospitalité rurale kirghize, première invitation sous la yourte, première bouchée de pain encore chaud, cuit sur le poêle, première série de bols de koumys, incontournable boisson nationale, un lait de jument fermenté. Dans toutes les yourtes, il y en a en abondance, en bidon plastique ou dans des outres de peau cousues.
Un premier bol, c’est bon ! Mais les bols se suivent : ils sont offerts. Un goût aigre prend alors le dessus. Cela demande une attitude plus théâtrale : l’étranger, aimablement accueilli, a le bol dans la main ; il prend alors un air de composition, la tête très légèrement penchée, le sourire un peu tiré aux commissures, avec un regard qui se veut civil !
Boire le koumis
Quelques poils - de jument nous supposons - se trouvent parfois à traîner dans le breuvage : on peut boire la bouche de travers, pour filtrer, mais il faut boire, pour rester poli.
Quelques temps ont été nécessaires pour apprendre le geste discret qui veut dire assez. La main doit faire un passage plané au-dessus du bol.
Cependant un tel accueil, ce sont des dialogues, certes hésitants, mais réciproques, amusés, plaisants… alors, on boit !
Et le bol sera vide.
Arrivés dans la soirée à At-Bashy, nous avons trouvé une ville un peu triste : un plan carré, des rues de terre.
Seuls dépassent au-dessus des toits l’antenne des télécommunications et des peupliers : les habitants ont l’air de s’ennuyer avec parfois une tendance à tituber.
Quelques repérages sont faits : il faut localiser la vallée dans laquelle nous allons nous engager et où nous avons des chances de pouvoir faire un sommet. La chaîne de montagne est en réalité peu engageante, des vallées très profondes et étroites avec des sommets très effilés.
Ce récit : Au coeur des terres Kirghizes
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