De Tata à Igherm
Tata - Igherm (90 km de route, 1200 m de montée au moins)
« Il n’y a plus de piste, tout est goudronné ! » Le vendeur de biscuits et d’eau minérale a pris un air de contentement quand il nous a dit cela. C’est normal, c’est l’avancée du progrès dans la région. Le tome 2 du guide « Pistes du Maroc » nous avait pourtant dressé le topo d’un itinéraire de piste, mais les Travaux publics Marocains ont dû passer par là.

Les mules roulent à gauche
Cela nous désole un peu, même si nous savions que le soir, nous aurions été très proches, physiquement parlant, des pauvres touristes que nous avions vus épuisés, la veille. Cela nous réjouit aussi, parce qu’un bon revêtement permet aux cyclistes d’accorder toute leur attention aux paysages, à leurs rêves et à leurs pensées, plutôt que de surveiller les nids de poule, les ornières et les cassures de pente.
Sous réserve qu’il n’y ait pas de circulation !
Ce qui a été le cas, en dehors d’un camion, mu à l’extrême limite du couple de son moteur, qui nous a doublé dans la longue côte conduisant sur le plateau, et de mules chargées de produits agricoles, qui trottaient indifféremment à gauche ou à droite de la chaussée. Pensez, elles n’ont pas encore l’habitude des aménagements modernes.
Camionneur et muletiers nous ont encouragés, ce qui a été utile. La route, tout en lacets, laisse entrevoir ce qu’aurait été la piste que nous aurions prise si nous étions venus quelques mois plus tôt : un itinéraire très difficile.

Haut plateau très aride
À Igherm (prononcer Irrerm), nous avions épuisé toute notre énergie, après le parcours des plaines désertiques au nord de Tata, après la traversée de l’oasis de Tagmout, après la montée d’abord douce dans l’Assif (vallée) puis abrupte dans la côte qui mène sur le plateau, après les interminables derniers kilomètres sur ce plateau où la route sinue et joue à saute-mouton entre collines et vallons, à une altitude 1500 mètres environ.
Il y avait du monde, en fin de parcours, sur ce plateau, des agriculteurs en pleins labours, le plus souvent des femmes qui dans cette région, portent des coiffes en forme de cagoules, avec des couleurs vives et diverses.
Igherm n’est sans doute pas le lieu rêvé d’une villégiature idyllique. C’est une cité dortoir pour les ouvriers qui travaillent dans les mines alentour et c’est un carrefour de routes, traversé par des camions-bennes jusque tard dans la soirée.
Mais il y a un hôtel, un hôtel de campagne, avec une plomberie des plus rustique, mais dont les chambres et les draps étaient propres, comme dans tous les hébergements où nous sommes allés pendant ces vacances.
Il y a même deux hôtels à Igherm mais en dépit de nos demandes auprès d’interlocuteurs divers lors de notre arrivée, on ne nous l’a pas indiqué. Allez comprendre ! N’ayez ni confiance, ni méfiance… comme nous disait le vendeur de tapis.
Ce récit : De Tata à Igherm
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