De Igmir à Icht
Igmir - Icht (63 km, piste de fond d’oued, route goudronnée, piste roulante)
Il a bien fallu quitter le gîte d’Igmir, malgré tous ses attraits, et réemprunter la piste du fond d’oued, qui est la seule permettant de sortir du canyon. C’est une habitude à prendre et nous pourrons toujours nous vanter d’avoir été les premiers cyclistes français à avoir fait trois fois ce trajet en deux jours !

Presque le désert
Au bout de la piste, nous avons rejoint la route, avec son asphalte bien roulant et ses véhicules bien gênants. La route allant du carrefour d’Aguerd jusqu’à Icht nous a remis en milieu risqué.
Quel malheur !
Au lieu de bayer tranquillement aux corneilles tout en pédalant, les yeux absorbés par les paysages exceptionnels de beauté, il fallait surveiller les véhicules qui venaient de devant ou de derrière, évaluer leur dangerosité, faire un écart sur le bord caillouteux de la route au moment où ils passaient. C’était pénible.
Sur la Route 102 qui va de Bouizarkane à Foum Zguid, en fonction de la circulation, le risque peut être nul ou très élevé.
Un cyclotouriste suisse qui venait dans la région chaque année depuis 20 ans nous a dit qu’il prenait toujours un taxi ou un bus sur ce genre de trajet. Monsieur oui-oui, que nous avons rencontré à Igmir, nous a dit que quelqu’un y était passé deux jours auparavant et qu’il n’y avait vu aucun véhicule.
Monsieur oui-oui
Monsieur oui-oui est un personnage que l’on peut souvent rencontrer. C’est un homme affable, prévenant, aimant discuter. Il répond à toutes les questions (raisonnables !) qu’on lui pose mais ne dit jamais non. Il ne contredit personne, il n’émet pas de réserves, Il n’évoque aucun aspect négatif, il ne veut pas fâcher ses interlocuteurs, il leur souhaite tout le contentement possible, de préférence en sa compagnie. Telle piste est-elle franchissable en vélo ? Oui, bien sûr ! Telle autre ? Oui ! La route goudronnée est-elle sûre ? Oui ! Existe-t-il un hôtel à Icht ? Oui ! Trouve-t-on des taxis à Foum El-Hassan ? Oui ! La France est-elle un pays accueillant ? Oui ! Le Maroc ? Oui !
Monsieur oui-oui a souvent raison (notamment pour l’accueil au Maroc) mais comme il ne sait pas dire non, on en arrive à ne plus le croire et la discussion, interminable, se résume à un seul thème : « Soyez bien là où vous êtes ! »
Avec des questions plus complexes comme « Vaut-il mieux passer par telle piste qui est difficile mais sans risque ou bien par telle route qui est facile mais dangereuse ? », on pourrait croire que l’on va coincer monsieur oui-oui et enfin obtenir une information. Idée de naïf. Monsieur oui-oui répondra (et d’ailleurs a répondu) que là, c’est en dehors de sa commune, donc il ne peut pas se prononcer.
Ce n’est pas désagréable mais ce n’est pas suffisant, car nous souhaitions vraiment savoir s’il fallait prendre la piste ou la route et s’il y avait un hôtel, un gîte ou un hébergement, à Icht, Foum El Hassan ou quelque part dans un endroit accessible pour nous après une journée de trajet.
Au départ d’Igmir, nous nous sommes donc contentés d’incertitudes et nous étions prêts à sortir la tente au cas où la nuit nous surprendrait dans un endroit éloigné de tout.
Le soir, nous avons trouvé un campement, à Icht.
Entre Aguerd, Icht et Foum El Hassan, on peut visiter des sites de gravures rupestres, qui sont parfois difficiles à trouver.
Ce récit : De Igmir à Icht
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